L’expressionnisme Allemand : un courant cinématographique

L’expressionnisme Allemand : un courant cinématographique

 

A l’occasion du 90 ème anniversaire de la sortie du film ” Metropolis “ de Fritz Lang ( vous connaissez  sans doute  ce film  représenté par un gratte ciel  ,mais aussi  par la présence d’un robot féminin entourée de halos, révolutionnaire  pour les années 20 et visionnaire aussi!!

Je voudrais ainsi profiter de cette  occasion pour vous faire part d’un courant cinématographique auquel est attaché ce film, un courant qui me tient à cœur car il a marqué une période importante de l’histoire Allemande mais aussi de l’histoire du cinéma en général. En effet, il  est fort en symbole aussi ( nous en reparlerons), il s’agit de l’expressionnisme Allemand.

Si « Métropolis » n’évoque que de vagues souvenirs, sans nul doute connaissez vous, ne serais ce que la photo extraite d’un film très connu où l’on  découvre l’ombre d’un homme terrifiant avec des yeux exorbités s’apprêtant à saisir « sa proie » avec ses mains crochues, mais oui « Nosferatu , le vampire » . Saviez vous qu’il s’agit de sa première version, en 1922 car il y en a eu bien d’autres dont celle beaucoup plus contemporaine  avec Isabelle Adjani en 1979, au titre quasi  éponyme « Nosferatu , fantome de la nuit ». Sachez donc que la version muette fait aussi partie de l’expressionnisme Allemand ! Vous situez mieux maintenant ce courant

Mais alors me diriez vous qu’est ce qu’un courant cinématographique ?

Il s’agit d’un style de cinéma marqué par un décor, un montage, un univers géographique, un style de jeu d’acteurs propre à une période dans le temps et donc à un pays et dont plusieurs films se revendiquent.

Il s’agit ainsi d’en donner une définition précise. Ce courant  est donc né en Allemagne après la première guerre mondiale, qui pour concurrencer l’industrie cinématographique Américaine, alors émergeante et florissante, utilise une méthode pour compenser le manque de moyen comme l’utilisation de décors abstraits aux motifs géométriques et aussi surtout, l’opposition de l’ombre et de la lumière.  La démesure à tous niveaux notamment dans l’interprétation des personnages ou les sujets abordés sont ainsi les traits principaux de ce genre se situant entre l’horreur et le fantastique !!

Sachez ainsi que pour enrichir vos connaissances dont vous commencez à acquérir les bases, il existe ainsi toute une série de films se réclamant dont voici les principaux :

Je peux ainsi vous citer « Le cabinet du dr Caligari »(1919), film d’épouvante relatant la prédiction d’un assassinat par un étudiant et les comportements étranges du Dr Caligari qui serait lié à cela , « Nosferatu » donc ( 1922) ou l’existence d’une maison hantée par un vampire .Quant au  « Docteur Mabuse »(1922), l’on y parle d’ un certain Docteur qui  utilise un cercle de jeu clandestin pour , en même temps que donner des cours de psychologie , exerce ses pouvoirs d’hypnose pour précipiter la déchéance d’adversaires .« Le dernier des hommes » ( 1924)  relate la déchéance d’un homme passant d’un statut de groom d’un hôtel  au statut beaucoup plus dégradant pour s’occuper des toilettes de cet hôtel . Nous en venons au  chef d’œuvre de Fritz Lang  évoqué ci-dessus « Metropolis » ( 1927) décrivant la vie d’un immeuble projeté en 2026 dans une mégalopole et la vie de ses habitants , où vivent les nantis dans les étages supérieurs et les pauvres travaillant dans les sous sols.

Enfin  nous achèverons notre liste de film par un film parlant « M le Maudit » ( 1932),  qui montre les habitants d’une grande ville allemande, jetés dans la terreur et l’hystérie par un meurtrier d’enfants.

Bien sur cette liste n’est pas exhaustive, il s’agit juste d’en faire un panorama principal.

On retrouve ainsi  bien les thématiques propres à ce courant.

Les sujets comme on l’a vu dans « Le cabinet du docteur Caligari » ou « docteur Mabuse » concernent  la folie ,la trahison ou autres troubles mentaux, comportements étranges ; l’opposition de l’ombre et de la lumière se retrouve davantage dans « le dernier des hommes » ou la déchéance d’un homme porté de la lumière à l’ombre ( les toilettes d’un hôtel) et ceci après une trahison . Il se retrouve aussi  comme nous l’avons décris dans « Métropolis » où les habitants les plus fortunés vivent en haut d’un immeuble alors que les plus pauvres sont logés dans les sous-sols avec les conditions indignes que cela entraine.

Alors que ce mouvement s’achève en 1932, juste avant l’ascension du régime nazi, ne préfigure-t-il pas, par ses thèmes abordés ce qui allait arriver en Allemagne et la seconde guerre mondiale, alors même que ce propre régime trouvait cet art « dégénéré » ?

Par la puissance de ses thèmes et de ses décors, ce courant aller influencer par la suite un certain nombre de réalisateurs comme Alfred Hitchcock, Orson Welles, Carol Reed, Wajda.

 

 

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